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PYRÉNÉES, CHEMINS DE TRAVERSE

Mémoires futiles et anachroniques

Profil de la traversée

1970 à 1975

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n'est absolument pas fortuite.

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"Heureux" (cliché : J. Cayez)

Du mou sur la rouge

Du mou sur la rouge

Livre-culte, évidemment !

Le Grand Dièdre

Nous grimpons en réversible depuis environ trois heures et j'aboutis en bout de corde à une nervure sur une dalle à droite d'un surplomb. Je plante un piton, l'enlève, le replante à coté puis en plante un second. J'assure Bernard qui me dit :

- La variante par le surplomb, je me la ferais bien.

Je trouve un prétexte.

- Tu n'aurais pas pu le dire plus tôt, ça m'oblige à descendre pour y passer.

Il insiste, je n'ose l'en dissuader.

- T'es sûr, tu te sens vraiment à l'aise ?

Il s'engage et franchit l'obstacle. Je me détends, enlève les pitons, rejoins la base du surplomb mais je ne passe pas aussi facilement que lui. Et nous poursuivons jusqu'au sommet des Spijeoles.

- Tu sais, Bernard, au relais avant le surplomb, la fissure était bouchée et mes deux pitons n'étaient enfoncés qu'à moitié !

Ni harnais, ni chaussons, ni coinceurs

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"NO du Pt Astazou" (cliché : M. Stuck)

Bivouac au Pilier Est

C'était un groupe de copains, informel, destructuré et à géométrie variable. Nous nous retrouvions parfois deux ou trois, parfois plus d'une douzaine les vendredi soir, rue des Couteliers, dans un petit resto dont le nom m'échappe car nous disions "Chez Paulette". C'est là que nous ébauchions nos projets montagnards.

Jean-Pierre et François arrivent avec leur sac à dos. Étonnement général.

- On va bivouaquer au Pont Neuf !

Le Pont Neuf n'étant pas loin, nous nous y rendons à pied. Sur la rive, François et Jean-Pierre sortent de leur sac : groles, corde, pitons, mousquetons, toute la quincaille.

Fou-rire général, Annie disparaît.

Quelques temps plus tard, elle revient avec son père et deux collègues de La Dépêche du Midi alors que François et Jean-Pierre sont pendus à leurs étriers au milieu de la voûte. Un peu plus tard, ils plantent leurs hamacs contre la première pile, au dessus de la Garonne. Ils prennent la précaution de quitter les lieux avant le lever du jour.

Le lendemain, La Dépêche titre, photo à l'appui, "Une Première au Pilier Est du Pont Neuf".

Sac de nœuds

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"Sac de nœuds" (cliché : D. Martin)

Ramonage

Après avoir franchi le Col de Peyreget, nous longeons la base du Petit Pic d'Ossau. Nous arrivons vers neuf heures au bas de la Face Ouest et nous nous encordons en flèche, Fanchon et Z'abeilles (Jacques, apiculteur) grimpant alors en second légèrement décalés. La suite de la voie était telle qu'ils grimpaient plus souvent à tour de rôle.

A la première ou la seconde cheminée, Z'abeilles quelque peu corpulent a du mal à se hisser par coincements, il souffle, ahane, pendant qu'on l'encourage. Il s'éponge et on repart.

Quelques jolis passages et on entre dans la grande cheminée. En opposition "pieds-dos", j'atteins le plafond de cette grotte puis me dirige vers la "fenêtre" au dessus de la "porte". Je treuille les sacs puis Fanchon mesurant un mètre soixante tout au plus, monte péniblement en opposition "pieds-omoplates".

Je sors de ce trou et grimpe, en me gardant de dire quoi que ce soit, la paroi de droite surplombant le vide.

- Fanchon à toi !

Elle met le nez à la "fenêtre".

- Bouduuu! Le gaaaaz !

Et dérapage

A trois, nous avons mis un temps fou et atteignons le sommet du Petit Pic d'Ossau en fin d'après midi. Maintenant, il faut envisager un retour rapide, On abandonne l'idée de redescendre par l'arête de Peyreget et nous nous dirigeons vers la fourche où nous trouvons un piolet oublié ou plus vraisemblablement perdu.

Fanchon encordée à l'extrémité de la corde de rappel dédoublée descend la première à reculons pour faire les marches "à la godasse" suivie par Z'abeilles. Ils se mettent en sécurité dans la rimaye et m'assurent. Je descends avec notre unique piolet. L'obscurité nous a rattrapé. Une marche se dérobe et je dévale sur une centaine de mètres. Je me freine avec le piolet. Quelle glissade ! je n'aurais pas apprécié d'être stoppé net par la corde cinquante mètres plus bas.

- Gérard, Gérard, ça va ?

- C'est bon, je vous ai rattrapés !

Je remonte un peu pour les rejoindre dans la rimaye et on recommence la manœuvre. Nous atteignons les tentes à minuit au clair de lune. Le lendemain nous allons remettre le piolet à Hervé Butel alors gardien du refuge de Pombie.

Mamy

Malgré le temps gris, François, Pierre et moi quittons le refuge du Maupas pour atteindre le col puis le sommet des Crabioules. Nous nous engageons sur l'arête Crabioules-Lézat encore enneigée où nous progressons lentement. Une violente tempête de neige s'abat sur nous alors que nous approchions de la brèche Mamy. Nous optons pour une échappée vers le vallon de Litérole et une descente rapide. En quelques ramasses nous atteignons le lac du Portillon. Nous hésitons à nous arrêter pour la nuit au refuge mais décidons de poursuivre la descente.

Nous arrivons en pleine nuit au refuge d'Espingo où deux gars remis de leur étonnement nous offrent une soupe puis nous grignotons les restes de nos vivres de course et dormons trempés sous les couvertures. Nous avions heureusement nos "doudounes"(*) avec nous. Le lendemain, nous descendons aux Granges d'Astau. L'aubergiste du lac d'Oo a la gentillesse de nous emmener au cirque du Lys et nous remontons au refuge pour récupérer nos duvets, le réchaud et la popote.

Arrivés le lundi soir à Toulouse, personne n'avait remarqué notre absence aux cours, ni ne s'était inquiété de notre retard.

(*) Veste en duvet.

Galéjade ( "Vrais faux" autographes "à l'insu de mon plein gré"* de la part de copains facétieux )

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(*) Expression empruntée au cyclisme de "haut" niveau

Glace, Neige et Rock

Dimanche de Pentecôte, partis la veille de l'Hospice de France, nous quittons le refuge de la Rencluse dans la crasse, la luminosité nous laissant penser que le soleil n'est pas loin. Avec la neige, tout est blanc et le relief se dérobe. Nous passons le Portillon Supérieur et remontons le Glacier de l'Aneto jusqu'au Pont de Mahomet bien enneigé.

Arrivés au sommet nous posons les sacs. Le Che (Michel) sort de sa poche un harmonica et joue un peu de blues. A cet instant, les nuages se déchirent et laissent apparaître la cime des sommets environnants. Je ne sais pas ce qui nous a pris, Fanchon et moi, nous nous sommes mis à danser le rock, ...

... à 3404 mètres !

Directissime

Nous grimpions en réversible, Pierre, alors en tête, me dit :

- Sors le topo, ça me semble bizarre.

Je le sors du sac et fais à haute voix une lecture attentive.

- la cheminée avec le relais au milieu, puis le bloc décollé, c'est bon. Ensuite on a du quitter la voie, au dessus ça ne ressemble pas à ce qui est écrit. On fait quoi ?

- Bah ! Si tu te le sens, on continue, on verra bien.

Je range le topo dans le sac et on reprend la progression. On débouche directement au sommet des Spijeoles. Je ressors le topo et le relis. A part le début et la fin, rien ne ressemble à ce qu'on a fait. On est pourtant resté entre le Grand Dièdre et l'éperon NE en allant tout droit.

- Et bien ! On ne sait pas comment, mais on a fait la nôtre !

La planète des singes

Aux vacances de Pâques, nous étions venus, Maïté, Gene, Geneviève, Jacques, Bernard et moi pour la première fois grimper à la Calanque d'En Vaux près de Cassis. Le plateau était alors zone de bivouac. Nous y étions nombreux, c'était un petit "Woodstock".

Alors que les nombreuses cordées étaient réparties sur les voies, il arrivait qu'un bateau "Promène-Couillons" entre dans la calanque.

( Coupez - On change de plan - Moteur ! )

Vous êtes sur le bateau et vous vous imaginez être l'explorateur d'une contrée lointaine et déserte. Et c'est alors que de toutes part, des cris, des braillements, des hurlements incompréhensifs sont poussés par une quantité phénoménale de singes agrippés aux rochers, se balançant à de longues lianes, faisant de grands gestes, vociférant. Vous sentant mal accueillis, vous reprenez le large.

( Coupez - On change de plan - Moteur ! )

Vous êtes grimpeur parmi d'autres grimpeurs, la solidarité et la connivence s'installent naturellement. Lorsque le "Promène-Couillons" entre dans la calanque :

- Fainéant !

- A la voile !

- Gros plein de pastis !

- Va te faire griller sur la plage !

Plus quelques injures à la Haddock ! Les jeunes, les vieux, les filles, les gars, tous s'y mettent de bon cœur jusqu'à ce que le "Promène-Couillons" s'éloigne.

On redescend

Nous étions sur l'Éperon Nord de la Badéte de Labasse. J'aborde le petit passage surplombant qui n'a pas l'air difficile mais par prudence, je prends un piton et le plante dans une fissure.

- Klong, Klong, Klang, Klang, Kleng, Kleng ...Kleng, Kleng ...Kleng, Kleng ...

Il s'enfonce doucement mais je n'entends pas encore le "Kling, Kling" caractéristique.

Stupeur !

- Gene, on s'en va, on redescend.

Gene ne comprend pas mais acquiesce, elle redouble d'attention en m'assurant. J'enlève délicatement le piton, je la rejoins.

- Plus j'enfonçais le piton, plus la fissure s'élargissait.

Collective

En formation d'encadrement, étant une douzaine, nous avions atteint divers sommets du Vignemale répartis sur quelques voies. Pour la descente nous nous sommes regroupés au Col des Glaciers et avons entamé la descente par le Glacier du Petit Vignemale. Naviguer à travers les séracs fut pour quelques-uns d'entre nous une belle expérience, d'autant qu'un long rappel (près de 60 mètres) sur champignon fut nécessaire.

Arrivés au refuge des Oulettes, le gardien nous attendait devant la porte, jumelles autour du cou.

- Ah ! C'est-toi Jean-Louis (notre guide Cauterésiens, maître de stage) puis d'un air rassuré, je vous surveillais depuis trois heures en me demandant bien quelle était cette bande de "hos". Je n'ai jamais vu ni entendu parler d'une collective descendant par là !

Douce nuit, sainte nuit

Bernard, Michel, Yves et moi étions dans le couloir de Tuquerouye, la neige portait bien. Il fait déjà nuit lorsque nous arrivons à la brèche.

Devant la porte du refuge, une grosse congère en barre la porte qui s'ouvre vers l'extérieur. Elle était à l'époque située au milieu de la brèche. Avec moult coups de piolets, nous dégageons un peu la porte pour l'entrouvrir et s'y glisser. Quelle ne fut pas notre surprise d'apercevoir une autre congère à l'intérieur du refuge et bouchant la porte avec heureusement un petit dégagement. Nous agrandissons un peu cet orifice et le plus mince se faufile pour dégager depuis l'intérieur.

Nous mangeons avec les gants, emmitouflés dans la doudoune et le duvet sans même avoir quitté les chaussures pour qu'elles ne gèlent. La nuit de Noël fut très froide et le plafond couvert de givre ressemblait à un ciel étoilé.

Nous avions pris la précaution de laisser la porte ouverte et de boucher le passage avec de la neige. Bonne initiative car il avait neigé dans la nuit. Sans aucune contestation, nous décidons d'abandonner l'ascension du Mont Perdu. Nous refermons correctement la porte et engageons la descente avec la neige jusqu'aux genoux.

Bon Noël !

En sabots à l'assaut du château de Roquefixade

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"Artif" (cliché : D. Martin)

Vous ne pouviez pas téléphoner ?

Dimanche de mai, nous étions une dizaine à vouloir tâter du crampon. François, Mickey (Michel) et Jean-Pierre sont déjà dans le Couloir de Gaube quand nous sommes à la base du Couloir du Clot de la Hount (branche orientale). Nous avons dû arriver vers midi au sommet de la Pique Longue.

Vers deux heures, on se dirige vers la sortie du Couloir de Gaube pensant voir arriver les autres. Personne ! Une partie du groupe entame la descente par le Glacier d'Ossoue, Xavier et moi attendons. Vers quatre heures enfin des voix.

Je demande à Xavier de m'assurer et je m'approche de la sortie.

- Ça va ?

- On en a bavé ! On doit être les premiers à passer par là cette année !

Je plante trois pitons sur le bord de la Face Nord, je m'auto-assure et Xavier nous quitte car il ne peut "sécher" le lendemain. Je prépare un mouflage en cas de nécessité et lance la corde de soixante-dix mètres dans le couloir. François s'y encorde et sort, suivi de Jean-Pierre et Mickey. Je n'ai pas eu besoin de les treuiller. L'obscurité commence à poindre, il était temps.

Nous dormons au refuge de Bayssellance en grignotant le reste de nos vivres de course accompagnées d'un boite de thon abandonnée. Le lendemain, nous récupérons nos affaires au refuge des Oulettes et rentrons directement à Toulouse. Les copains et copines nous attendaient.

- Ah, enfin, vous êtes là ! Vous ne pouviez pas téléphoner ?

- On n'y a pas pensé ! Pourquoi ?

- On vient d'appeler le Secours en Montagne, Ils montent vous chercher dès demain matin

On leur téléphone de suite, on s'excuse encore et encore, on les remercie.

- On préfère ça, merci d'avoir rappelé.

Pierre !

Nous étions trois cordées dans le Mur de la Cascade à Gavarnie. Didier et moi étions à trois mètres l'un de l'autre sur la vire juste sous le "Trou Boueux" en attendant que ça se dégage devant.

- Pierre !

Nous nous plaquons contre la paroi. Une énorme pavasse tombe entre Didier et moi, à moins d'un mètre de notre corde lovée au sol et rebondit jusqu'à la neige.

Le coin de bois

Lors d'un stage dans les Alpes, nous étions allés au Mont Aiguille dans le Vercors. J'étais en second et j'en bavais un peu. Quelques temps après un relais sur cuissard et avant de m'engager dans une traversée délicate d'une dizaine de mètres, pour souffler un peu, je saisis la cordelette en chanvre d'un vieux coin de bois. Ce qui devait arriver arriva, je reste avec la cordelette dans la main et pars en pendule.

Maintenant sous mon compagnon de cordée, je me remets de mes émotions puis le rejoins sur des prises faciles et évidentes. Comme quoi l'imprévu fait bien les choses.

Comme un bouchon de champagne

Dans le cadre de la formation "Initiateur d'alpinisme", nous mettons en pratique la théorie de l'assurance dynamique à l'épaule. Nous sommes donc en pente raide sur neige.

Je plante mon piolet profondément, je m'y auto-assure, je m'installe "confortablement" en dessous et face au vide. Yves (au moins quatre vingt dix kilos) remonte d'une bonne vingtaine de mètre au dessus de moi, se resserre la chemise dans le pantalon, rabat bien le pull, ferme le K-Way et remonte la capuche, se remet les gants.

Il se lance. J'avale ce que je peux. Il me dépasse couché de tout son long.

J'avale encore puis laisse filer la corde et la serre progressivement dans mes gants de cuir pour freiner en douceur. Je serre un peu plus. Mes gants mouillés ont trop d'adhérence. Je fais la toupie, je décolle, mon piolet gicle et file dans la pente.

Je rattrape Yves, je le dépasse.

Il me rattrape, il me dépasse.

Je le rattrape ... et ainsi de suite jusqu'en bas du névé en forme de cuvette.

La prochaine fois je ferai gaffe à ne pas faire passer mon encordement à gauche si j'assure par la droite !

Jean

Soizic et moi habitions depuis peu à Louvie-Soubiron en vallée d'Ossau. Durant le repas de midi, Anchois (François) et Jean se mettent dans l'idée d'aller grimper à Arudy. Je reste avec Soizic et ses amies.

A sept heures, personne. A huit heures je m'inquiète, mais que faire ? Où sont-ils exactement ? S'ils rentrent, alors que je suis à leur recherche ? C'est déjà la nuit. Des pas dans l'escalier, c'est Anchois.

- Ton frère est coincé sous un surplomb, il ne risque rien, il est au relais, j'ai fini en solo.

Les godasses, la corde, les anneaux, les mousquetons, les pitons, le marteau, la frontale. On laisse Soizic à ses inquiétudes avec Bernadette et Marçoise (Marie-Françoise). Arrivés en haut des falaises, je passe derrière Anchois qui a l'air sûr de lui pour retrouver la sortie de la voie.

- Jean ... Jean ... Jean !

- Dépêchez-vous, je me les gèle.

On s'approche du bord, on s'auto-assure, on confectionne un mouflage et on lance la corde. Énorme coup de chance, Jean saisit la corde. Il s'encorde puis nous tirons tous les deux.

- Haanhan , Haanhan , Haanhan !

- RHAAAAAAAH !

Jean venait de se donner du cœur au ventre pour se hisser. Il est maintenant près de nous.

- Gérard, Jean, Qu'est ce qui se passe ? Où êtes-vous ? Qu'est-ce qui se passe ?

C'était Soizic, Bernadette et Marçoise qui, trouvant le temps long, venaient d'arriver en bas des falaises et avaient entendu hurler. A une heure du matin, nous étions de retour à la maison.


- Knicker en drap Bonneval, Corde à fouet ou Gabardine ;
- Chemise en drap gratté voire en laine sous le pull en laine ;
- Chaussettes mi-bas en laine ;
- Guêtres en bâche de coton ;
- Chaussures Galibier Super-Guide, Trappeur Professionnel ou Val d’Or Darbellay ;
- Bonnet de marin ou Passe-montagne ;
- Doudoune en duvet Himasport R. Desmaison ou Moncler L. Terray ;
- Veste en bâche de coton dite d'escalade ;
- Sac à dos sans armature, en bâche de coton avec fond en cuir ;
- Corde de rappel bicolore de 60 ou 70 mètres ;
- Ceinture d'encordement Millet R. Desmaison ;
- Anneau en sangle plate formé en huit faisant fonction de cuissard ;
- Quincaillerie (mousquetons, pitons, broches, massette, étriers, coins de bois) ;
- Anneaux de corde et sangles ;
- Cordelettes en chanvre pour confectionner Prussik ou Machard ;
- Crampons à lanière ;
- Piolet avec manche en bois ;
- Casque de mineur ;
- Lunettes de soudeur.

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"La panoplie" (cliché : G. Cayez)

Et 35 ans plus tard, Muchas gracias a la Guardia Civil

Lundi, montée sous la douche jusqu'au refuge du Marcadau.

Mardi, montée à la carte, la boussole et l'altimètre dans la neige et la crasse (le blanc dans le blanc) au col de la Fache, jusqu'ici, tout va bien. Descente sur bonne neige et ciel propre. Super !

Vers 11 h, à moins de deux heures du refuge de Respomuso, traversée délicate sur pente raide enneigée cumulant trop de défauts (couche de neige lourde sans cohésion avec la couche inférieure trop peu épaisse pour assurer au piolet) entre falaise et torrent empavassé une trentaine de mètres au dessous de celle-ci. Je choisis la solution haute, plus confortable et plus sûre. Je passe donc au ras de la rimaye les pieds sur la neige, une main sur le rocher, le piolet dans l'autre. C'est bon et facile ! Mais il me semble plus sérieux d'assurer Cathy qui attend en sécurité dans la rimaye, je pose alors le sac à dos, prends la corde et reviens auprès d'elle, on s'encorde et je retraverse.

- Tralalalalère !

La neige lâche sous le pied gauche sans prévenir et je me retrouve à plat dos dans cette rimaye pas plus large que mes épaules.

- Aie !

Je me redresse et tente de faire le tourniquet avec le bras gauche. Ça coince. Épaule déboîtée. Je sors du trou en serrant les dents, continue jusqu'à la fin du passage en serrant les ..., assure Cathy en serrant ..., remets le sac (18 kilos environ) sur le dos en ..., rejoint Cathy ... On marche une bonne demi-heure, l'itinéraire se simplifie, je laisse le sac bien en vue sur une petite butte déneigée. On descend encore. Au premier lac, Cathy me trouve trop pâle pour continuer (moi aussi d'ailleurs). On choisit l'endroit idéal pour être vu et protégé du vent. Cathy continue sur le sentier menant au refuge. Je fais tout pour ne pas m'engourdir.

Vers 15 h, Vrrrrrrr ! Je me relève, fais signe et m'accroupis. J'embarque dans l'hélico du Grupo Rescate Montaña de la Guardia Civil.

Couché dans l'herbe à Sallent de Gallego, le toubib tente par trois fois de me réduire la luxation. Il décide de m'envoyer à l'hôpital de Jaca où après deux nouvelles tentatives on décide de m'endormir. Après ce petit somme, je ne sens plus rien mais c'est le bras en écharpe et "tres semanas a la casa" que je traduits par "ta HRP, tu ne la termineras pas cette année".

Cathy m'a rejoint en taxi... apéro, resto, hôtel.

Mercredi, visite de Jaca... apéro, tapas, hôtel.

Jeudi, taxi, remontée au refuge pour récupérer mon sac (merci beaucoup aux personnes du refuge qui sont allées le chercher). On redescend, Cathy avec mon sac et moi le bras toujours en écharpe. Taxi... apéro, resto, hôtel.

Vendredi, le frère de Cathy vient nous chercher et on récupère la voiture garée au Pont d'Espagne.


Profil de la traversée
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