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PYRÉNÉES, CHEMINS DE TRAVERSE

   QUI est ce pic, ce col, ce couloir, cette brèche ... ?
Profil de la traversée

Avant-propos

La toponymie des montagnes pyrénéennes est essentiellement orographique et ancestralement pastorale, nos ancêtres pasteurs nommaient plus leur montagne utile, lieux de pacage et de chasse, que les sommets. Si ce n'est celui de son aspect, le nom d'un sommet est bien souvent issu du nom d'un lieu qu'il domine, ce nom pouvant parfois différer selon les versants. [1]

Il a parfois été baptisé voire rebaptisé d'un anthroponyme avec une certaine forme d'appropriation, certes compréhensible à l'époque des explorateurs, découvreurs et ouvreurs mais nettement moins justifiée plus récemment. J'ai essayé de relater brièvement mais le plus justement possible (références à l'appui bien évidemment) les raisons et les circonstances de ces "baptêmes".

Ce répertoire proche de trois cents patronymes que je ne prétends ni exhaustif, ni parfait, ni définitif, traite des lieux de montagne sur les deux versants de la chaîne pyrénéenne ayant reçu le nom d'une personne ou y faisant allusion, pyrénéiste dans la majorité des cas, leur biographie n'y étant cependant pas développée. Il est limité aux points particuliers du relief (donc exempt des "Voie Untel"). J'y ai intégré quelques noms éphémères, inusités ou peu connus ainsi que quelques vrais-faux anthroponymes.
Lors de mes recherches, j'ai pu découvrir que l'énigmatique F.E.L. Swan se prénommait Francis Edward Lister, que contrairement à ce qui est couramment écrit, la dame du Vignemale Lady Lister écrivait son prénom Anne et non pas Ann et que l'autrichien Brunhuber (Couloir des Autrichiens au Vignemale) se prénommait Sepp et non pas Karl. [2]

La Commission de Topographie et de Toponymie Pyrénéenne, créée en 1907 par la Fédération franco-espagnole des Sociétés Pyrénéistes, a adopté le 12 mars 1922 la résolution suivante : "La nomenclature de nos montagnes doit être de source géographique, autant que possible désignative et descriptive ... Les noms de personnes ne seront attribués qu'à des éléments géographiques secondaires mais pas à des sommets ou passages d'une certaine importance ... Il ne sera donné aucun nom de personne vivante à des accidents de montagne (pics, cols, etc.) à moins qu'elle n'en ait fait la première ascension et si ce point n'a pas ou n'a pas eu de dénomination." Etaient entre autre membres de cette commission : Jean Arlaud, Emile Belloc, Louis Le Bondidier, Louis Camboué, Georges Ledormeur, Alphonse Meillon, Aymar d'Arlot de Saint-Saud, Franz Schrader. [3]
Ce principe, lié à la nature même des montagnes, a parfois été méconnu ou oublié, voire contesté notamment pour la liste (elle même contestée) des "3000" établie par Juan Buyse [4] à partir de 1988, présentée à l' UIAA et officialisée par cette dernière en 1995 [5].
Juan Buyse avait constitué une "Equipe des trois mille" avec des pyrénéistes espagnols et français. Son attitude et les divergences, concernant notamment la dénomination de certaines cimes, entraîneront dès 1988 la désagrégation du groupe. L'obstination de Juan Buyse a vouloir attribuer, comme on distribue des médailles, des noms de pyrénéistes parfois encore vivants, aussi éminents soient-ils, à des sommets sans relation historique directe, quitte à les "débaptiser" de leur nom géographique, a été une erreur. La prise en compte de la toponymie locale auraient pu éviter de bien tristes querelles, la fameuse "topolémica". A ce propos, Louis Audoubert et Robert Ollivier, de même que les frères jumeaux Jean et Pierre Ravier ont nettement désapprouvé que leur nom soit attribué à un sommet. Leurs décisions, méritant le plus grand des respect, ont malheureusement été négligées. [6]

Mais depuis peu ...
“El proyecto tresmiles”, "le projet Trois Mille" (2016-2017) du gouvernement d'Aragon.
Si ce projet aboutit, les sommets de 3000 m et plus seront rebaptisés sur les cartes et publications officielles d'Aragon. Les noms (d'ouest en est) de Brulle, Ramond, Baudrimont, Schrader, Vetéranos, Gemelos, Beraldi, Arlaud, Le Bondidier, Cordier, Cinq frères (Cap des), Margalide, Russell, disparaîtront au profit d'un toponyme aragonais. Cadier, d'Ussel, Sayo, Abadías, Haurillon, Astorg, Franqueville, Tchihatchef, Argarot, seront maintenus. Mir sera corrigé en Mur. Rabadá et Navarro seront déplacés.
Qu'en sera-t-il ? Les avis sont déjà partagés sur cette nouvelle "Liste Soro" très discutable qui rebaptise 160 "3000" des Pyrénées aragonaises. Nous verrons avec le temps et surtout avec l'usage. A suivre ! [7]

Pour ce travail de synthèse, je me suis attaché à une (re)lecture systématique de quelques textes essentiels que j'ai eu le bonheur de me procurer ou emprunter, je reste cependant persuadé que d'autres textes tout aussi importants m'ont échappé. J'ai tenté tant que faire se peut de consulter les écrits les plus anciens, cherché à croiser les informations, me suis interdit toute extrapolation et ne me suis servi d'Internet que pour m'aider dans les recherches. Ceci m'a permis d'y constater (tant pour l'histoire que pour la toponymie) de nombreuses informations sans références, des affirmations prêtant à confusion voire erronées et des "copier-coller" sans précautions, ni scrupules, ni vérifications. Trop souvent et malheureusement, ce sont les erreurs répandues dans la nébuleuse de l'Internet (y compris sur une prétendue encyclopédie aux contributeurs anonymes) qui finissent par prévaloir.
J'ai cependant considéré comme source crédible le site "Les Chasse-fantômes" compte-tenu de sa qualité documentaire exceptionnelle, la page du site est alors indiquée en référence avec son lien. [8]


Janvier 2013 / - Gérard Cayez


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